);

Ayant grandi dans une ferme, c’est tout naturellement que je me suis orienté vers des études en agronomie. Mes parents étant céréaliers et éleveurs de vaches, j’étais de mon côté plus intéressé par la filière végétale et je me suis installé sur une petite surface en céréales en 2007. Je produis du blé, de l’orge, du colza, du maïs, des pois et du lin pour le textile. Parallèlement, l’idée d’avoir une ruche me trottait dans la tête depuis un petit moment car j’ai toujours été attiré par les abeilles et leur organisation que je trouve fascinante.

J’ai franchi le pas en 2012 en récupérant mon premier essaim sur un pieu de clôture électrique et en construisant moi-même ma première ruche. A partir de ce moment là, je me suis passionné de plus en plus pour l’apiculture et j’ai beaucoup appris au contact des abeilles que je considère comme de vraies partenaires dans mon travail.

Plus qu’une passion, il s’agit aujourd’hui d’une véritable aventure familiale puisque ma compagne a aussi été piquée par la curiosité ! Tandis que je m’occupe de la production et de la formation, elle se charge de son côté des aspects communication et du développement du rucher participatif.

L’apiculture dans son écosystème

Je me suis vite rendu compte que l’apiculture était complémentaire aux autres activités de notre exploitation familiale, les céréales et l’élevage. Les céréales servant à nourrir les vaches, qui pâturent elles-mêmes dans des prairies où se trouvent des fleurs mellifères, source d’alimentation des abeilles. Pour boucler la boucle, les abeilles servent à polliniser les cultures et le monde végétal de manière générale. Tout est lié, et l’apiculture contribue à ce cercle vertueux.

Une démarche de certification biologique

J’ai essayé très tôt de me rapprocher du cahier des charges de conduite de ruches biologiques car je trouvais que cela correspondait bien à ma manière de travailler. Concernant mon mode de récolte, je préserve au maximum les qualités du miel sans le chauffer. C’est plus compliqué pour le travailler mais cela assure d’avoir un miel le moins altéré possible. Je suis aujourd’hui en conversion (certification biologique en cours). Tous mes miels ne seront toutefois pas bio car cela dépendra de l’emplacement des ruchers et des fleurs qu’il y aura autour.

Des ruches fabriquées maison

Mon oncle menuisier m’a transmis très tôt sa passion de travailler le bois et m’a prêté ses outils lorsque j’ai voulu construire mes premières ruches. Cela me permet de fabriquer dans mon atelier des ruches de la qualité que je souhaite, en partant d’une base standard que j’adapte avec des dimensions correspondant à mes pratiques.

3 questions à Julien…

 Qu’est-ce qui t’attire chez les abeilles ?

Un individu ne vivant que quelques semaines, les abeilles se sont réunies et ont organisé une société dans laquelle chacun a sa tâche (nourricière, butineuse, gardienne…) et qui leur permet de vivre tout au long de l’année. Ce que je trouve fascinant chez les abeilles, c’est cette organisation en société où chacune à son rôle à jouer pour le bien-être collectif.

Comment choisis-tu l’emplacement de tes ruchers ?

Pour suivre mes colonies et bien m’occuper d’elles, mes ruchers sont situés dans un rayon maximum de 30 km autour de la ferme. L’emplacement de mes ruchers a toujours été le fruit de rencontres avec des gens qui voulaient des ruches et qui avaient des sites intéressants pour les abeilles. Aujourd’hui je m’occupe d’environ 150  ruches réparties sur une quinzaine de ruchers.

Quel est ton moment préféré dans l’année ?

Le temps fort c’est la récolte ! L’extraction à la miellerie, quand je vois le miel sortant de la ruche couler avec une jolie couleur ambrée, est l’un des meilleurs moments même si cela ne représente que 10 % du travail de l’apiculteur.

Le reste du temps j’aime observer mes abeilles, voir les colonies se développer et s’épanouir tout au long de l’année, et tout faire pour améliorer leur bien-être !